
Défis privés et professionnels et
révolution des genres
Øystein Gullvåg Holter
Résumé
Le
genre, dans l’acception large de la notion d’égalité
homme-femme dans la société, diffère
du genre sensu stricto. C’est désormais la dimension
large de l’(in)égalité entre les sexes
qui émerge en tant que lien essentiel inhérent
au progrès et au développement social. Dans
les pays nordiques notamment, les chercheurs ont conclu que
l’égalité entre les sexes est un élément
important de l’amélioration du bien-être.
La fécondité et l’innovation économique
sont d’autres dimensions associées. De plus en
plus, l’égalité hommes-femmes apparaît
comme liée à l’amélioration des
performances économiques, de la fécondité
et de la qualité de la vie (voir la présentation
sur rétroprojecteur pour obtenir des exemples et des
diagrammes).
Toutefois,
les défis liés à la modification des
marchés du travail, des institutions et de la culture
en Europe, en vue de faciliter l’égalité
des sexes et de mieux concilier vie de famille et vie professionnelle,
sont colossaux. Un changement de normes et de culture peut
certes être observé, mais les disparités
économiques entre sexes demeurent. Des entretiens menés
avec des hommes dans le cadre d’études soulignent
une “séquence principale” d’événements
typique illustrant ce conflit. L’apparition de nouvelles
conditions dans la vie privée est souvent le point
de départ, dont, par exemple, un partenaire ou un(e)
époux(se) renforçant son orientation professionnelle
ou sa formation, la naissance d’un enfant ou la prise
en charge d’autres tâches de garde, ainsi que
la réorientation des hommes vis-à-vis d’une
paternité active et des interrogations dans le domaine
de la qualité de la vie et de la santé. Dans
pareille situation, les tentatives de hommes visant à
modifier les conditions de travail sont souvent annihilées
par des structures organisationnelles et des cultures traditionnelles
qui continuent à valoriser les comportements non axés
sur les activités de prise en charge, ces dernières
étant en outre dévaluées (“système
d’arrosage”) et invariablement liées à
des normes masculines (“principe de préférence”).
Ces
problèmes externes se conjuguent à la propre
ambivalence face au changement dont font preuve de nombreux
hommes (et de nombreuses femmes), ce qui se traduit par le
maintien de conditions nettement plus traditionnelles que
les opinions ne le laisseraient penser. De récentes
études indiquent cependant aussi que des changements
sont possibles et que les employeurs, les travailleurs et
les communautés pourraient en tirer profit.
Principales
sources:
Holter,
Øystein Gullvåg: Can Men Do It? Men and gender
equality - the Nordic experience. TemaNord 2003:510, Copenhague.
Holter,
Øystein Gullvåg 2006a: Men's work and family
reconciliation in Europe. Men and Masculinities (en impression)
Holter,
Øystein Gullvåg et al: Welfare, Masculinity and
Social Innovation – A Nordic five country study. En
impression (Gidlund publisher, Suède)
Puchert,
Ralf; Gärtner, Marc; Höyng, Stephan et al 2005:
Work Changes Gender - Men and Equality in the Transition of
Labour Forms. Barbara Budrich Publishers, Leverkusen
