Conférence du 6 et 7 férier (Bruxelles)
 



Défis privés et professionnels et révolution des genres
Øystein Gullvåg Holter


Résumé

Le genre, dans l’acception large de la notion d’égalité homme-femme dans la société, diffère du genre sensu stricto. C’est désormais la dimension large de l’(in)égalité entre les sexes qui émerge en tant que lien essentiel inhérent au progrès et au développement social. Dans les pays nordiques notamment, les chercheurs ont conclu que l’égalité entre les sexes est un élément important de l’amélioration du bien-être. La fécondité et l’innovation économique sont d’autres dimensions associées. De plus en plus, l’égalité hommes-femmes apparaît comme liée à l’amélioration des performances économiques, de la fécondité et de la qualité de la vie (voir la présentation sur rétroprojecteur pour obtenir des exemples et des diagrammes).

Toutefois, les défis liés à la modification des marchés du travail, des institutions et de la culture en Europe, en vue de faciliter l’égalité des sexes et de mieux concilier vie de famille et vie professionnelle, sont colossaux. Un changement de normes et de culture peut certes être observé, mais les disparités économiques entre sexes demeurent. Des entretiens menés avec des hommes dans le cadre d’études soulignent une “séquence principale” d’événements typique illustrant ce conflit. L’apparition de nouvelles conditions dans la vie privée est souvent le point de départ, dont, par exemple, un partenaire ou un(e) époux(se) renforçant son orientation professionnelle ou sa formation, la naissance d’un enfant ou la prise en charge d’autres tâches de garde, ainsi que la réorientation des hommes vis-à-vis d’une paternité active et des interrogations dans le domaine de la qualité de la vie et de la santé. Dans pareille situation, les tentatives de hommes visant à modifier les conditions de travail sont souvent annihilées par des structures organisationnelles et des cultures traditionnelles qui continuent à valoriser les comportements non axés sur les activités de prise en charge, ces dernières étant en outre dévaluées (“système d’arrosage”) et invariablement liées à des normes masculines (“principe de préférence”).

Ces problèmes externes se conjuguent à la propre ambivalence face au changement dont font preuve de nombreux hommes (et de nombreuses femmes), ce qui se traduit par le maintien de conditions nettement plus traditionnelles que les opinions ne le laisseraient penser. De récentes études indiquent cependant aussi que des changements sont possibles et que les employeurs, les travailleurs et les communautés pourraient en tirer profit.

Principales sources:

Holter, Øystein Gullvåg: Can Men Do It? Men and gender equality - the Nordic experience. TemaNord 2003:510, Copenhague.

Holter, Øystein Gullvåg 2006a: Men's work and family reconciliation in Europe. Men and Masculinities (en impression)

Holter, Øystein Gullvåg et al: Welfare, Masculinity and Social Innovation – A Nordic five country study. En impression (Gidlund publisher, Suède)

Puchert, Ralf; Gärtner, Marc; Höyng, Stephan et al 2005: Work Changes Gender - Men and Equality in the Transition of Labour Forms. Barbara Budrich Publishers, Leverkusen